LE VOYAGE DE LEFRANC (2)

8 décembre 2009 13:22
 

Hiver 2038. Mathias Lefranc survit. Voici un extrait de son périple autobiographique sur les routes déchues de l'ancienne France. 



" [...] La nuit tombait. Elle tombait de plus en plus tôt. Tout comme je me fatiguais de plus en plus vite pendant ce voyage. Des tentes avaient poussé autour de trois anciennes granges et une fermette, formant à elles quatre une grande cour où somnolaient depuis des décennies quelques cadavres de caisses rouillées jusqu’aux jointures.

Granger et son groupe avaient exploré la zone avant que nous ne commencions à nous installer. D’ailleurs, ils continuaient à surveiller le périmètre fixé : des tours de garde étaient effectués toutes les heures mais Granger ne pouvait s’empêcher de rester à l’affût du moindre bruit suspect. Je ne savais pas comment il faisait pour tenir toute une journée à marcher dans la boue et toute une nuit à épier les buissons.

Moi je me contentais de m’asseoir à côté d’un feu à mâchouiller des morceaux de viande séchée. Entre deux bouchées, je nettoyais mon P90 avec délicatesse. Je comptais également le nombre de munitions qu’il me restait. Même si je le faisais tous les soirs, c’était plus fort que moi ; les décharger, les recompter puis les recharger. Quatre-vingt huit balles rangées dans deux chargeurs de capacité 50. Les munitions étaient très précieuses ici bas. Encore plus peut-être que l’eau potable ou l’essence. Il était difficile de, premièrement, s’en procurer et deuxièmement les fabriquer. D’ordinaire, nous les troquions contre du bétail lorsque nous avions l’aubaine de croiser des marchands itinérants ou mieux une communauté sédentaire. Ces quatre-vingt huit balles représentaient la protection, le pouvoir et l’autorité à mes yeux. C’était peut-être la raison pour laquelle je les choyais tant.

On m’interrompit alors que je voguais dans mes pensées les plus intimes. C’était le Doc’ qui faisait sa ronde du soir.

- Alors Lefranc ! Pas trop fatigué ? Il va faire frisquet cette nuit ! Enfile tout ce que t’as sous la main, c’est un conseil, dit-il en me proposant une couverture de laine beige. J’ai vu des gars creuser des trous à côté du feu. Ils m’ont dit que ça protégeait du vent et que la chaleur dans la terre aidait à bien dormir. M’enfin bon, j’ai pas envie d’creuser moi ! Lança-t-il en riant.

J’esquissai un sourire en coin pour ne pas le froisser. C’était un bon gars, il n’y avait pas de doute à avoir sur ce point là mais j’avais parfois l’impression qu’il cherchait à taper la discute. Sauf que dans mon cas, j’avais surtout besoin d’intimité et ce n’était vraiment pas l’endroit pour en vouloir. La seule chose que j’aurais pu vraiment vouloir de sa part, c’était sa grosse veste kaki un peu dépouillée avec un nombre impressionnant de poches. D’ailleurs il s’en servait pour y mettre les quelques pilules et remèdes qui faisaient de lui un médecin. Son nez était rouge. Peut-être n’avait-il pas que des médicaments sous sa veste…

Je le laissai partir ce qui me permit d’aller satisfaire un besoin difficile à contenir. Je marchai pendant quelques minutes pour arriver devant un bois, là où les lumières des feux n’avaient presque plus d’effet. Pendant que j’urinais, j’observais des yeux le mouvement des feuilles et commençais à imaginer des formes illusoires. Une habitude que je ne devrais plus avoir car du coup je m’empressai de finir la commission pour retourner au camp. Soudain j’entendis quelqu’un m’interpeller dans le dos.

- Nom de dieu Lefranc !

J’étais alors immobile, surpris tout d’abord puis perplexe par la suite. Je me retournai et sentis un frisson me monter dans le dos lorsque je vis Granger entre les feuilles que j’épiais quelques minutes plus tôt. Son P90 à la main et son regard perçant sur le visage me laissèrent coi.

- Tu veux mettre en péril la communauté ou quoi !? Continua-t-il en sortant d’une de ses poches de pantalon une petite bouteille qu’il vida sur toute la zone où j’avais pissé. Tu veux attirer la vermine ? T’as quoi dans le crâne ?

- On est bientôt en hiver et on n’a croisé aucun insecte depuis qu’on suit le canal. La vermine hiberne, Granger.

J’essayais de le convaincre tout en tentant de me convaincre également.

- Vermine ou pas, on peut pas se permettre de laisser des traces. Si jamais on a le moindre problème cette nuit, je saurai qui aller voir !

Puis il disparut dans le bois.

De retour au campement, je remarquai qu’il n’y avait presque plus personne autour des feux ; ils avaient tous décidé de loger dans les pièces vides de la fermette et dans les trois granges. Elles faisaient en effet des abris plus accueillants puisque le vent froid n’y pénétrait pas. Je ne cherchai pas à faire de même. La chaleur des braises et mes deux couvertures m’assuraient une bonne température. Je fixai les dernières flammes qui m’hypnotisèrent peu à peu, rejoint par des gringalets ayant terminé leur tour [...] "

 

Inspiration : vermine.eokonthe.net

Humeur: Neutre

DEADLINE

8 décembre 2009 13:11
 

« Deadline est un jeu de rôles qui propose aux joueurs d’évoluer dans notre monde confronté à l’annonce de la fin du monde. La plupart des nations ont alors fait le choix de s’unir afin de survivre, quel qu’en soit le prix. Pendant une période d’une cinquantaine d’années, les joueurs (sur)vivront dans un monde à la recherche d’un miracle, oscillant entre résignation, peur et espoir. Ils découvriront, malgré eux, que l’Etat, l’unique garantie de salut, semble mener d’autres projets bien éloignés de la Deadline. »
-Matthieu ‘Zil’ Gonbert, auteur de Deadline



Deadline s'ajoutera aux côtés de WarsaW, Notre Tombeau ou encore Patient 13, à la gamme de qualité des éditions John Doe. Jeu prévu pour 2010 !

(Ah oui, et Patient 13 est de nouveau disponible)

Source : ikosa.net

Humeur: Neutre

THE BOOK OF ELI

1 décembre 2009 15:35
 

"L'histoire d'un homme solitaire qui doit se frayer un chemin à travers les terres dévastées d'une Amérique postapocalyptique, afin de protéger un mystérieux livre sacré détenant la clé pour sauver l'avenir de l'Humanité."



Ca, ça risque d'être du lourd. Le trailer est super alléchant et il en ressort une certaine atmosphère de désolation et de débrouillardise. Rendez-vous en janvier 2010 pour voir Denzel Washington jouer à Mad Max !

Source : www.allocine.fr

Humeur: Neutre